Qu’est-ce qu’un jour dans une vie sinon une poignée de seconde ? Pour moi, c’est bien plus : un jour, c’est un vécu, un passé, un souvenir parfois exceptionnel et qui peut laisser une trace mémorable sur notre route et celle des autres. J’aime contempler ce « moi » qui fut, même s’il est souvent douloureux, et j’évite de regarder trop loin dans le futur car il est incertain et n’a qu’une seule issue : la Mort. Me voir vieillir, en pensant à ces années qui ne sont pas encore, m’effraie. Et pourtant, j’en suis encore loin … mais le Temps passe si vite qu’on finit par ne plus se rendre compte à quel point une vie, c’est éphémère. La mienne, à vingt ans, a failli s’arrêter net, victime en quelque sorte de notre nouveau mode de vie, moderne mais loin d’être sain. Ce fut une épreuve difficile, mais j’ai survécu et, si parfois j’ai encore du mal à accepter les contraintes de cette nouvelle vie, aujourd’hui j’ai ouvert les yeux et compris que, malgré que nous soyons loin d’être éternels, vivre est une chance. Au final, nous n’en avons pas conscience mais nous sommes tous des vainqueurs condamnés, avec nos joies et nos peines. Nous recherchons la même chose, ce but commun qu’est le Bonheur. Cependant, « être heureux » se révèle être une quête parsemée d’embûches, un chemin tortueux.
Parfois, le matin dans le métro, il m’arrive de me demander qu’est-ce que le Bonheur ? à quoi ressemble-t-il ? faut-il forcément qu’il rime avec « Amour » ? Moi, mon Bonheur serait complet si je ne souffrais pas d’un vide affectif. Il m’obsède, celui qui m’a abandonnée en me faisant payer le prix de ses propres bêtises. Je pense à lui, surtout quand je suis seule, à tous ces moments qu’on ne partagera plus, mais à chaque fois que j’arrive à l’oublier, il refait – le fait-il exprès ? – surface d’une manière ou d’une autre. L’Amour a ses mystères, et cela rend la chose un peu plus complexe. La notion « bonheur » est alors remise en question : pour être heureux, faut-il souffrir ?La Souffrance … Trop souvent elle s’est emparée de moi, et sans mes amis, mes passions et l’écriture pour me soutenir et m’aider à remonter la pente, elle aurait fait surgir en moi la Folie. Le jour où je tournerai définitivement la page sur cette histoire – notre histoire –, ta photo ne sera plus dans mon portefeuille. C’est une promesse que je me suis faite. Je la tiendrai, quand je serai prête. En attendant, je vis avec cette déchirure et ce que je nomme « ma maladie ». Je rêve beaucoup et cela me permet d’avancer, d’une certaine façon, en m’évadant dans cet univers fécond qu’est mon imagination. Je pense aussi à mon avenir, à ces envies secrètes que je veux faire plus tard, au Monde du Spectacle et à l’Art Equestre. Je me vois Humoriste ou Ecuyère – pourquoi pas les deux ? J’ai hâte d’être à Janvier pour pouvoir me remettre en selle et vivre à nouveau de folles chevauchées dans mon petit Sanctuaire, au Touquet. Là-bas, au moins, beaucoup de gens tiennent à moi et me le font savoir – reconnaissance que je n’avais pas à tes côtés.
La Vie est faite de petits bonheurs, et ce sont ces petites choses que j’essaie de saisir au vol. On m’a dit que j’avais beaucoup de chance. Si je suis encore là, c’est alors que oui, mais je ne le dois qu’à une personne : celle qui m’a laissée une entaille profonde, une blessure qui ne se refermera pas complètement. C’est paradoxal, j’en ai conscience. Je lui dois la vie – si tu n’avais pas été là, dans mes pensées, je me serais laissée partir … et il m’arrive de me demander pourquoi ne l’ai-je pas fait ? – et, en même temps, je ne peux pardonner ni oublier. J’ai vécu déjà pas mal de choses dans ma vie, inoubliables et bonnes ou mauvaises. Je vis dans un monde étrange, un monde à part et à moi, et j’avoue ne pas me sentir vraiment à ma place dans celui-ci, dans ce monde qui exclut la différence, un monde un peu monstrueux, façonné à l’image humaine, égoïste et inconsciente, dont je me méfie. Je fais partie de ces gens « bizarres », blâmés par les autres parce qu’ils marquent leur différence. C’est notre façon de vivre et de prouver qu’on existe – trop souvent tu as ignoré ma présence, surtout quand j’étais là. Mais nous doutons, nous manquons parfois de confiance en nous, nous trébuchons sur des problèmes, comme tout le monde, et nous avançons. Toujours. Et je continuerai à rester « moi » quoiqu’on en dise, quoiqu’on en pense.
J’ai encore pas mal d’aventures à vivre et à raconter, mais je pense ne pas avoir assez d’un seul voyage pour tout accomplir. Et je ne pense pas non plus que quelques lignes suffisent pour vous rapporter tout ce qui se passe en un jour dans ma vie.
Tesouviens-tu? Moi,millefois...ladouleur. Toi,letriple...lespleurs. Cesupplice ne t'a pas plu ...
Pourtant,c'est àtoide leverlalame Etd'anéantir mon âme.